Le harcèlement scolaire

Depuis la loi du 2 Mars 2022, le harcèlement scolaire est inscrit dans le Code Pénal (article 222-33-2-3) et concerne les faits commis à l’encontre d’un élève par un autre ou par un membre du personnel d’établissement.

Il ne s’agit donc plus de conflit ou d’incompatibilité d’humeur, mais un enjeu mondial de la santé, du droit à l’éducation, à la sécurité et au bien-être des jeunes.

S’élever plus haut que les crachats .

 

L’art thérapie m’a sauvé la vie : en créant, on rend plus beau, on repeint à son goût l’injustice, on a le droit d’ironiser sur ses harceleurs, en les tournant en ridicule, en leur disant tout ce qu’on n’a pas pu dire en vrai. Et ça répare ! On s’élève, on sait qu’on vaut mieux, et ainsi, on prend de la valeur à nos propres yeux.

L’art thérapie, c’est un instinct de survie, celui que tout le monde peut faire remonter en lui !

Je me revois, là cachée sous mon bonnet et mes gants. J’avais une chambre (un peu longue à chauffer) devenue mon sanctuaire dès que je sortais du collège, et surtout, la chance que dans les années 90, il n’y ait pas eu de réseaux sociaux…

Aujourd’hui, on met la capuche, et il y a les réseaux sociaux qui ne permettent pas de répit une fois sorti de son établissement scolaire.

Alors, il faut devenir incognito dessus, ou s’en passer carrément ?

Renoncer, c’est choisir, et entre les deux, on a tellement à faire !

Un fléau dont on ne parle qu’aujourd’hui

 

Entre hier et aujourd’hui, le harcèlement n’a pas disparu. Mais dans les années 90, c’était un simple malentendu (et mal entendu des professeurs!!).

« C’est ta trousse ça ? Je l’ai retrouvée dans les toilettes ! »

Ben oui, de qui d’autre on volerait la trousse pour la balancer dans les toilettes ?!

Il y a eu ça, des moqueries collectives bien sûr, sur mon physique, ma façon de m’habiller, de parler, parce que je préférais écouter du classique plutôt que ce qui passait à la radio… c’était des coups de pieds, être poussée dans l’escalier ou les sacs entassés dans les couloirs, des jets de pierres dans des boules de neige, ma trousse dans les toilettes, les prêtés pas rendus (monnaie, feuilles de classeurs). Mais bien que ça ait duré 12 ans, toute ma scolarité, en sortant de l’enceinte de l’établissement, je soufflais !

Aujourd’hui, les jeux en ligne et les réseaux sociaux en sont le prolongement tentaculaire. L’OMS, dans l’étude HBSC de 2022 révèle que 16 % des adolescents déclarent être cyberharcelés (14 % de garçons harcèlent en ligne, contre 9 % de filles) et 11 % en milieu scolaire. (6 % seulement admettent harceler.) Source : Health Behaviour in School aged Children.

La solitude, en plus de symptômes psychosomatiques (maux de tête, troubles digestifs et du sommeil, anxiété, phobie scolaire…) leur rendent la vie bien moins satisfaisante, voire avec des idées noires, et des passages à l’acte qui ne sont que trop déplorés.

Ce qui est fait contre le harcèlement en 2026 :

 

En 2007, le jeu des 3 figures, conçu par le psychiatre Serge Tisseron, a été validé par plusieurs recherches universitaires, pour les enfants de maternelles jusqu’au collège : c’est un jeu de rôle où les enfants deviennent tour à tour harceleur, harcelé, et témoin. Puis on inverse les rôles, les 3 points de vue doivent être expérimentés pour développer l’empathie, dans le cadre sécurisé du jeu théâtral.

L’UNESCO a instauré la Journée Internationale contre la violence et le harcèlement scolaire, y compris cyberharcèlement, chaque premier Jeudi de Novembre : les écoles, les familles, les associations et le secteur du numérique se mobilisent pour sensibiliser. Identifier ce qu’est une violence, demander de l’aide, et protéger sa vie privée en font partie.

La commission Européenne a présenté un plan d’action contre le cyberharcèlement qui permet un signalement de situation, conserver des preuves et recevoir de l’aide.

Il est souhaité l’harmonisation d’approches des différents pays et la formation des enseignants, la prévention restant le moyen le plus sûr de ne pas faire éclore une mauvaise habitude.

Naturellement, un discours ouvert entendu chez soi permet mieux d’étouffer des injonctions dans l’enceinte scolaire contre qui « ne rentrerait pas dans le moule » : c’est en être certain soi-même et transmettre la tolérance, la solidarité et le vivre ensemble.

Les élèves eux-mêmes deviennent ambassadeurs contre le harcèlement, ou équipe ressources, dans le dispositif pHARe (Source : ministère de l’éducation Nationale). Un protocole permet de suivre une situation depuis le signalement jusqu’à sa résolution.

Les célébrités aussi en ont fait les frais !

 

Parmis les célébrités qui agissent aujourd’hui après avoir été elles aussi harcelées, on trouve :

* Lady Gaga : jusqu’à même avoir été mise dans une poubelle par plusieurs élèves ! (source Melty). Aujourd’hui, elle a fondé la Born this Way Foundation, qui finance des projets d’entraide, et de soutien à la recherche sur le bien-être adolescent. (source : BBC).

* Hugo Martinez : Après 12 ans de harcèlement, son association HUGO soutient les victimes et forme le personnel d’éducation. (https://www.asso-hugo.fr)

* Louane : Elle a écrit une lettre à « son jeune moi » partagée sur les réseaux pour redonner espoir aux victimes et les encourager à ne pas rester enfermer dans le silence.

* Mika : cible de moqueries et d’agressions (source : paris match). Il met sa notoriété au service de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire pour ne pas que les enfants restent isolés.

* Bilal Hassani : Victime de cyberharcèlement, il collabore avec des associations et communique sur la tolérance et contre la haine en ligne. (source : C à vous).

L’association Marion la Main tendue qui œuvre pour la sensibilisation dès 5 ans, jusqu’à l’aide aux familles, a développé l’application Kolibri, permettant de signaler un danger à l’école. (https://marionlamaintendue.com).

De moi, pas célèbre mais harcelée pendant 12 ans, à toi…

 

Apprendre à répondre aux harceleurs n’est pas le moyen le plus efficace pour les contrer. C’est toute une chaîne, de la maison jusqu’à l’école, en passant par le milieu extra scolaire et associatif, qui se doit d’être suffisamment sécurisé et formé pour que les jeunes aient envie de parler sans crainte.

D’où l’importance d’être à l’écoute de tes émotions et trouver une manière de l’exprimer avec quelqu’un de confiance, qui te respecte et avec qui tu te sens à l’aise.

Pour t’élever au dessus de ça, ne reste pas dans ce que tu connais ! Et encore moins dans ce qu’on l’habitude de faire tes harceleurs !

Je sais, l’inconnu ça fait peur, et à tout âge !

Mais tu ne vas pas loin, tu restes avec toi-même, en sécurité dans un endroit qui fait cocon pour toi, pour aller explorer ce qui te plaît réellement, et qui te donne vraiment l’impression de vivre !

Essaye des tas de choses, pas en équipe qui s’affrontent, mais qui collaborent pour arriver à un même but. Ou bien seul(e), commence à peindre, à créer des choses, sans vouloir faire du beau mais pour essayer ! Sans être noté(e) ni jugé(e).

Et se trouver une passion, où on devient bon, et puis commencer à s’estimer et se réparer de tout le faux qu’on nous a craché dessus !

Moi, c’est l’art thérapie qui m’a sauvé la vie : instinctivement, j’ai transformé en caricaturant en dessin ou histoire mes harceleurs. Parce qu’en fait, à s’agiter comme ça, soutenus par un groupe, c’est pour chercher quoi ?! À se valoriser parce qu’ils n’ont pas confiance en eux !

Comme les amis imaginaires qu’on avait étant petits parce qu’ils sont toujours d’accord avec nous, et que c’est comme ça qu’on prend l’élan de la confiance.

Sauf que les amis imaginaires sont moins bancales qu’un groupe témoin complice de harcèlement !!

Donc toi, tu peux prendre confiance en toi en sachant ce que tu vaux, et où personne ne pourra t’enlever ni la passion, ni l’envie de t’accomplir dedans !

 

Créer, c’est rester libre !

 

Sophie DARROS, Art Thérapeute spécialisée enfants et adolescents.

A votre service au 06 62 86 86 80 ou https://www.odyssee-art-therapie.fr/tarifs/

 

 

Les numéros utiles :

Contre toutes formes de harcèlement : 3018

Signaler un mineur en situation dangereuse : faîtes le 119, 24/24, 7j/7.

En cas de danger immédiat : le 17 (forces de l’ordre) ou le 15 (samu)